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jan 21 2010

L’Ambigüité Beigbeder

Le Beigbeder nouveau est arrivé. Celui qui, il y a encore quelques temps se faisait taper par de multiples critiques littéraires, semble enfin avoir trouvé grâce auprès de ce publique d’érudit (Un roman Français est prix Renaudot 2009).

Mais qu’en est il pour un public un peu moins parisiano chic ?

La coke et les putes

Syndrome des 90’s Beigbeder a son créneau : le petit bourgeois en mal d’existence qui affiche sa déstructuration. Au programme, filles faciles, argent faciles, drogue faciles …et..profond malaise.

Se rendant compte de son inutilité, l’auteur tente toujours de faire son bilan (plutôt négatif) avec humour et verve.

Le problème étant que raconter la même histoire 4 ou 5 fois devient beaucoup moins intéressant, surtout quand sa vie et son style sont a des années lumières d’un Chateaubrilland.

Il faut donc se renouveler ou tenter de le faire.

La garde à vue d’un mondain

D’après Nanouche (surnom donné par la maman de frédo), son expérience la plus traumatisante est sa détention en garde à vue pendant 72h. Et c’est la que l’on commence à apercevoir le décalage.

Dès le début du bouquin nous vivons en live cette arrestation, pour la résumé : une soirée un peu trop arrosé qui termine en sniffant de la coke sur le capot d’une caisse. Finalement un classique dans l’univers Biegbedien.

La ou le livre est moins classique et donc plus intéressant, c’est dans la recherche (déclenchée par cette garde à vue)  de  l’enfance perdue de l’auteur.

Tout le monde a été enfant un jour

Beigbeder nous plonge donc très vite dans les arcanes de sa famille bourgeoise et de son éducation post 68 tart. Et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’ils nous fait de multiples digressions sur ces arrières grand parents, puis grand parents puis enfin ses parents.

Pour la première fois, on sent chez l’écrivain un style plus nostalgique. Les récits de bravoure peu habituel pour ce produit de consommation semblent même le transcender, ainsi le livre  dépeint quelques moments de grâces très appréciable. Notamment avec son grand père, ancien résistant.

Sans trop en dévoiler, le livre laisse également entrevoir les nombreux facteurs déclenchant d’un Begbeider qui semble toujours un peu perdu.

L’absence de père, le divorce de ses parents, le grand frère plus  brillant que lui, autant de facteurs expliquant la juvénilité mentale de l’auteur.

Un éternel bobo adolescent

D’après Frédéric, sa crise d’adolescence n’a jamais eut lieue. Peut être, justement car il l’est encore..

Comme nous le montre son introspection en milieu carcéral, sa perception de la douleur, de l’amour ou de la famille est bien différente de celle d’un adulte.

Je ne le souhaite à personne mais passer 72h dans une cage, n’est malheureusement pas la plus grande souffrance que peut infliger une vie. Sauf pour un Beigbeder, n’ayant manifestement jamais réellement perdu son confort malgré ses dires.

D’ailleurs qu’est ce que l’inconfort selon Fredo ? Et bien l’inconfort c’est de vivre dans un 3 pièces avec son frère et sa mère à Saint Germain (le meilleur coin de Paris pour ceux qui ne connaissent pas).

L’inconfort, c’est aussi d’après lui, le silence assourdissant d’un Neuilly trop boisé des années 70.

Assez dérangeant, à l’égard de 99% de la population qui rêverait d’avoir une telle chance. Malgré tout, ces récits aident à comprendre le futur chroniqueur littéraire.

Une enfance bien racontée

Mais le livre ne s’arrête pas la, heureusement, Fredo a la bonne idée de nous détailler son enfance et son adolescence. On y apprend entre autre sa rivalité avec son grand frère, ses premiers échecs amoureux, ses premières lectures et son rapport particulier avec une mère « trop » romantique.

Certaines pages sont de vrais moments de bonheur, l’humour, le style et la narration de l’auteur se complétant merveilleusement. On se prend alors à rêver d’un Begbeider plus pagnolesque, drôle touchant  et terriblement talentueux…

..Mais car il y a un mais..le livre est inconstant. ..déstructuré, inégal et parfois navrant. Ainsi la tragédique garde à vue en devient parfois risible. Le jet setter, n’a manifestement jamais dormi dans un canapé de fortune avec une petite couverture dans des conditions météorologiques extrêmes.

Les travers Beigbediens sont aussi moins présent …mais toujours un peu la quand même, donc un peu de drogue, un peu de putes et une pseudo remise en question jamais suivi de changement. Un pathos un peu étrange, produit par un écrivain qui se prétend maudit mais que beaucoup envient.

Cependant, l’inutilité du personnage présente dans tous ces livres est contrebalancée cette fois ci par un élément déterminant : sa fille.

Un papa pour de vrai

On imagine mal un adolescent papa, tout comme on imagine mal un Begbeider avoir une vie structuré.

C’est donc avec de grandes craintes que j’ai commencé à lire les passages relatifs à sa fille. Première constatation, le personnage a enfin trouvé sa raison d’être.

Il essaye tant bien que mal d’inculquer quelques valeurs à sa progéniture et de devenir plus responsable. C’est d’ailleurs une des rares preuves de maturité présentes dans la littérature Beigbédienne.

La transmission de valeurs morales essaye d’éviter les écueils paternels même si à la grande crainte de l’auteur, le schéma familial s’en rapproche. Parents divorcés, papa présent un jour par semaine, beaux parents de passages et vie dissolue de papa.

Biegbeder jugeant même son père plus responsable que lui aux mêmes âges. De ces passages émouvants, on mesure malheureusement les difficultés d’un père de famille pris au piège de son propre divorce. Un thème qui revient fréquemment dans le livre, source de souffrance pour l’auteur et de contre exemple pour le grand frère.

Un grand frère qui finalement aide notre romancier à se structurer un peu. Un amour fraternel et authentique qui fait partie des bonnes surprises du livre.

Alors qu’en penser justement de ce nouvel opus ?

Comme j’ai tenté de l’expliquer, je ne suis pas aussi dithyrambique que les amis critiques littéraires de Frédéric.

Le Beigbeder 2.0 est bien une évolution du personnage (et de l’homme ?) mais cette courageuse introspection n’est selon moi pas complète.

J’aurais aimé trouver une auto-dérision et un humour un peu plus présent ainsi qu’une analyse plus complète de ses relations familiales.

Cependant, la verve Begbédienne remplie bien son travail mais le style et le récit sont parfois bâclés. On sent entre autre un découpage par chapitre aléatoire ou alors je n’en ai pas bien saisie toute la logique…

Pour rester quand même sur une bonne note , on appréciera justement l’absence de glauqeries mal racontées (une ligne de conduite chez Beigbeder) et surtout la présence de moments de grâce dont ceux avec sa fille.

A conseiller aux lecteurs habituels de notre romancier et aux curieux de passage.

Grégory

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6 Responses to “L’Ambigüité Beigbeder”

  • Valmont Says:

    Article qui m’a intéressé, critique constructive et agréable à lire. Par contre il mériterait plus de soin dans les détails, orthographe notamment (Biegbedien, La ou le livre, Frédérique,…).

    Je voudrais juste revenir sur un passage: « une pseudo remise en question jamais suivi de changement. » Et si c’était là ça force, d’être réaliste sur ce point ? En effet, est-ce que vous avez jusqu’ici vu autour de vous beaucoup de vraies remises en question, débouchant sur un changement de surcroit ? Moi pas. Les seuls endroits où j’ai vu des gens changer, c’est dans des séries américaines.

  • Gregory Says:

    Désolé pour l’orthographe, je n’ai pas eut le temps de bien le relire avant une réunion.
    On essayera de faire mieux la prochaine fois.

    Pour le reste, une remise en question n’est pas obligatoirement synonyme de changement mais quand les faits deviennent accablants, le changement est nécessaire selon moi. C’est la qu’on reconnait les gens qui savent évoluer d’ailleurs. C’est rare mais ça existe

    Et par changements, je ne parle pas de changements de personnalité mais plutôt de changement d’habitudes et donc d’une certaine discipline de vie.

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